Category: Bafouilles


La princesse Lalalune – le découpage technique

Avant d’envoyer un storyboard « neutre » du découpage technique de ce dessin animé et permettre à Yannick d’exprimer son art, une version plus personnelle à servi de base de travail pour le découpage. Elle ne possède pas la finesse ni la subtilité que les dessins de Yannick ont apporté. On notera le changement de la lune au fur et à mesure que le dessinateur se rapproche des contraintes propres à l’histoire.

Vous pouvez télécharger le script en cliquant ici.

« Pas de Pizza pour Karpov », 20 ans déjà… #1

A l’occasion d’un récent déménagement, on tombe souvent sur des cartons remplis de vieux souvenirs.
Parmi ceux-ci, le script original de John Bomb 001.

Afin de vous épargner les yeux avec certaines écritures en pattes de mouches et de vous éviter une série de convulsions, si vous êtes pointilleux avec l’orthographe, voici un condensé des idées abandonnées en cours de route:

  • Lors de la Séquence du Gun barrel, James (oui, dans le tout premier jet) tire au bazooka sur le spectateur.
  • Bronzant dans un transat, James affronte une horde de plongeurs à tuba surgit de l’eau. Il s’échappe en pédalo et envoie se faire dévorer par un requin (!!!) d’autres méchants qui essayaient de le rattraper avec un bateau pneumatique. Dans une autre mouture, John est poursuivi par numéro 5 et le Sergent Grytek. Ce dernier, alors frappé par numéro 5, clamera un « Ahh, je comprends pas… » qui sera aussi la dernière phrase de numéro 5 plus tard.
  • Des membres du SPECTRE (c’est écrit sur leurs dos) font exploser un bâtiment important en Suisse.
  • M annonce à John qu’il travaillera avec l’agent Kim Pfeifmer et l’agent TripleX/Trisomix. (Si la première, contraction/variation de Kim Basinger et de Michelle Pfeiffer, a gardé son nom jusqu’au bout, le deuxième lui est finalement devenu l’agent Pentazède. D’après Jean, ce serait la lettre Z à la puissance cinq et donc encore plus nul que TripleX).
  • La réunion du spectre se déroule dans un grand immeuble avec un ascenseur futuriste. Numéro 5 avoue son échec d’avoir perdu une puce biologique et meurt en disant « Ahh, je comprends pas » faisant ainsi écho à la réplique de son bras droit, quelques scènes plus tôt.
  • A la gare de Chagny ou Fontaines, un train s’arrête et John en descend pour rencontrer l’agent Pentazède.
  • Voyant qu’aucune de ses armes ne vient à bout de John, le sergent Grytek s’exclame un « Ahh chiottes! » d’une vulgarité sans nom.
  • Lors de l’interrogatoire de Kim par Karpov, il est fait mention d’une énucléation parmi les joyeusetés insoutenables de cette scène.
  • Q révèle que l’on peut identifier l’agent Kim Pfeifmer (que John n’a toujours pas vu depuis le début du film!!!) grâce à un grain de beauté sur la fesse gauche. Ce dernier, choqué, lui demandera comment est-il au courant de ce moyen infaillible pour la reconnaitre. « Est-ce que je vous en pose des questions? Je le sais et puis c’est tout », répondra fermement un Q des plus glacial…
  • Tandis que John et Penta, coincés devant la porte d’entrée, vitupèrent contre le garde qui a attrapé leur pizza, ce dernier salive bêtement en tenant la pizza dans ses mains.
  • Venant d’être libérée à coup de débroussailleuse, Kim complimente John sur ses talents de jardinier. Ce dernier, très flegmatique, lui répond qu’il en a de nombreux autres…
  • Dans une version alternative qui manque singulièrement de classe, John tire dans le genoux de Karpov avant de le balancer dans le vide.
  • John sort un parchemin (!) où est écrit « license to kill » pour prouver à Karpov qu’il ne plaisante pas.
  • Au moment de tomber dans le précipice, Karpov révèle d’une façon poignante à John qu’il est son père. « Et dire que je n’ai pas eu le temps de le connaître » ponctuera John, en larmes.

Ce n’est certes pas un chef d’œuvre de littérature (le nombre de fautes d’orthographes suffirait à enterrer définitivement la méthode d’apprentissage globale), mais il témoigne d’un film rédigé à douze mains et c’est tout ce qui compte. Avec le recul des années, mes passages préférés sont ceux rédigés par Samuel et Olivier qui ont des dialogues assez grandiloquents.

Vous pouvez télécharger le script en cliquant ici. Les plus courageux y trouveront un script pour une bande annonce inédite de John Bomb.

« Braveman », ou la nuit d’un justicier

Braveman, c’est un peu l’idéal auquel chaque homme aspire: Sauver la veuve, casser la gueule au méchant pour justifier sa propre soif de violence et accessoirement protéger l’orphelin, si les organismes sociaux ne veulent pas de lui. D’aussi nobles sentiments nous obligent à agir masqué, signe de temps où il ne fait pas bon se montrer altruiste.

Les clichés du film de super héros sont tous présents:

– La ville, si possible tentaculaire, car à la campagne, c’est bien connu, les gens se font justice eux-mêmes.

– Le projecteur des années 50 qui semble toujours plus efficace qu’un appel téléphonique du XXIème siècle.

– Le héros au sommet d’un immeuble qui doit perdre un temps fou dans les  ascenseurs (s’il ne reste pas bloqué dedans)

– Un méchant qui rigole méchamment sans qu’on ne s’interroge sur ses motivations (après tout, il a sûrement de bonnes raisons. D’ailleurs dans le film, c’est peut-être lui le plus normal!)

– L’innocent à protéger. (Un alcoolique est toujours innocent. Demandez à un avocat si vous ne me croyez pas.)

En dehors des procédés filmiques éculés depuis Superman, le montage en splitscreen est ce qui a demandé le plus d’efforts. Outre le rapprochement avec le découpage par case et le déplacement de l’oeil du lecteur contrôlé par le dessinateur, c’est la dissimulation des coupes de montages qui gomme les codes du film. Elles sont toujours présentes mais cachées par l’image précédente. Le seul lien qui maintient Braveman dans la vidéo est la linéarité du temps, imposée par le réalisateur.

Pour terminer sur ce film et cet article, la fin n’est pas assez pathétique. Bien qu’anti-climax au possible (c’est d’un lent), une vieille dame aveugle aurait mieux achevé notre (z)héros.

Première version du montage avec une fin alternative à télécharger.